Peut-être n'aurais-je jamais la réponse, peut-être que ca n'a pas d'importance. En tout cas, ca fait déjà du bien rien que de se poser la question. Ce qui est inévitable étant donné la structure narrative accompagnée par des procédés de mise en scène presque aussi inhabituels.
Dès le début, le film annonce qu'il ne faut pas s'attendre à un divertissement comme tant d'autres, avec le tunnel lumineux psychédélique sur fond de conversation Moonbase-Unité 4 qui dure juste assez longtemps pour qu'on arrive à cette conclusion, la citation du début donnant également un indice sur le questionnement autour de la simulation.
Et on arrive dans le film à proprement parler, avec des images générées numériquement de qualité plutôt mauvaise, en terme de résolution, ca ressemble pas mal aux jeux vidéos sortis aux alentours de 2010. Ce qui s'intègre très bien avec l'idée de simulation, surtout quand le film suggère au travers du personnage masqué que le "protagoniste" est dans la simulation. Sans compter que c'est également filmé comme si le spectateur, à la première personne, suivait ce dernier de quelques pas. On voit souvent le protagoniste de dos, on avance avec lui, on court avec lui, ca secoue etc. Du coup, on se perd avec lui.
Au fur et à mesure que le personnage erre, avec le spectateur, dans la simulation, on est confrontés à pas mal d'idées. Le brouillard, explicitement la Mort, la dernière fête absurde, l'allégorie de la caverne de Platon (une caverne magique en lien avec la réalité, comment pourrais je penser à quoi que ce soit d'autre?), la réalité postmoderne, l'identité (le masque, la mémoire), et même la vie à la campagne. Bizarrement, et malheureusement, il n'y a que sur ce dernier point que le film arrive à dire quelque chose d'un peu original, les autres questions sont bien mieux traitées en philosophie ou en littérature. Il n'y a pas de mise en scène qui fait passer quelque chose d'original sur ces questions, sauf justement quand le type masqué raconte sa soi-disant enfance à la campagne. L'idée que la magie de l'enfance se perd, ca sonne très juste et pragmatique au milieu du brouillard du discours sur la simulation.