Fredrick (Thomas Guldberg Madsen) se met en scène de ville en ville comme médium. Avec sa belle assurance, il convainc essentiellement un public féminin. Ce soir-là, il doit se produire devant un petit parterre dans un amphithéâtre local mal éclairé à son goût. Peu importe, en bon professionnel il ne peut qu’assurer. Effectivement, il met son public en confiance avec quelques déductions habiles. Ceci dit, tout spectateur attentif sent qu’il y a de fortes chances pour qu’il s’agisse d’un imposteur profitant de la crédulité de son public. La situation va prendre une tout autre tournure quand une femme, Leila (Anette Lindbäck) se lève pour demander à Fredrick s’il peut la mettre en relation avec son mari décédé de maladie quelques mois auparavant. Il s’agissait en réalité de son ex-mari, dont elle déplorait la séparation lui laissant un goût d’inachevé. Convaincue qu’elle va enfin pouvoir s’épancher, la femme dépasse largement le cadre prévu, ce qui s’avère bouleversant et même gênant. La réalisation de Christofer Nilsson est une réussite qui met bien en valeur l’opposition entre un homme qui cherche à gagner sa vie selon son petit train-train bien éprouvé et un public facile à berner avec son besoin de révélations. La mise en scène oppose donc la partie éclairée du côté du médium et la partie sombre où reste le public et où on remarque la présence de quelques hommes, surtout au fond, comme s’ils se tenaient en retrait, juste là pour accompagner les femmes de la famille.
Dancing pigeons (23 minutes) a obtenu le Guldbagge 2026 du meilleur court métrage en Suède et a été présenté aux Nuits en Or 2026.