Du 1er au 31 octobre 2026, 31 films d'horreur méconnus ou mésestimés ne faisant pas partie de mon classement #600favoritefilms, de découvertes récentes en films de chevet (et pas plus d'un par cinéaste).
J'avais été très marqué par les débuts de Balagueró, en l'occurrence ses films d'avant "Rec" (bien que le premier de la série soit excellent, de même que le bien-nommé thriller "Malveillance" - quelques rattrapages m'attendent parmi ses dernières réalisations par contre), "La secte sans nom" et "Darkness" donc. Deux longs métrages qui abordent chacun à leur manière l'enfance bafouée, portés sur l'atmosphère et d'une noirceur rarement égalée, esquissant un univers étonnamment cohérent voué à plus ou moins grande échelle à l'envahissement par le mal. Dans chacun de ces deux récits, des enfants se retrouvent victimes des expériences d'une secte malveillante incluant l'un de leurs parents, avec pour objectif de les transformer en véhicules d'un mal absolu.
Si "La secte sans nom", d'un réalisme glauque tant pour son scénario que dans sa mise en scène, demeurait dans les pas de son personnage principal, une femme recherchant sa fille enlevée des années plus tôt, "Darkness", plus maniériste, bifurque vers le fantastique et l'allégorie, le sort d'une famille espagnole semblant devoir conditionner le destin de l'univers entier via une sombre histoire de rituel pendant une éclipse où l'amour d'une adolescente (excellente Anna Paquin) pour son père devient la porte d'entrée des ténèbres dans notre dimension, manifestations surnaturelles et présences flippantes à l'appui.
On pense à Carpenter, la représentation de ce mal tendant comme chez l'Américain vers l'abstraction, et l'économie d'effets de Balagueró dans mes souvenirs faisait clairement honneur au maître - j'avoue ceci dit ne pas avoir revu le film depuis le quasi quart de siècle qui nous sépare désormais de sa sortie.