Dans le calme de la nature, la révolution.
Mon premier Straub, un film magnifique. Les textes choisis sont superbes, d'une langue d'une force et d'une beauté extraordinaires. C'est un cinéma à la fois politique et poétique : dans la nature, la splendeur des forêts, la droiture des arbres ; des corps antiques puis contemporains discutent des dieux, de la soumission, de la résistance, du communisme, de la vie comme elle devrait être.
C'est un cinéma exigeant, mais d'une profonde humanité (puisque politique) et d'une profonde émotion : la caméra est toujours droite, fixe, pointée sur les personnages. Comme un poing levé, symbole d'un idéal enraciné dans la terre, qui ne transigera jamais et n'a jamais transigé - des toges antiques aux chemises de notre époque, c'est le même corps qui se débat, debout sur le sol, comme présent depuis des millions d'années. C'est un cinéma qui regarde, qui écoute, qui cherche - dans le calme de la nature, la révolution.