<i>Légers spoilers.</i>
<i>De quelques évènements sans signification</i> vient se rajouter à la liste de films innombrables qui, dans chaque pays, au tournant des années 60-70, vinrent pointer au poste de "premier film moderne national", non sans complaisance (chaque carence pouvant être lue, dans ce cadre magique, comme un "geste de cinéma"). Le film de Mostafa Derkaoui est évidemment un bel objet, en ce qu’il est le coup d’envoi avorté d’un réveil de la cinématographie locale (elle-même sans cesse questionnée au sein du film : quel cinéma pour le Maroc ?), et en ce qu’il témoigne de son époque de multiples façons. Sans doute, pour ces raisons, fut-il nécessaire en son temps... Mais c’est à peu près tout : la confusion entretenue entre réel et fiction ne peut pleinement s’épanouir dans un film confus sur absolument tous les autres plans : brouillon du son inaudible et d’une musique jazz indifféremment tartinée sur la continuité, brouillon des situations qui s’entremêlent mollement sans toujours être identifiables ni compréhensibles, brouillon de la forme illisible dont le parti-pris risqué (accumulation de gros plans en longue focale) ne peut opérer sans une rigueur ici absente... Il en ressort une bouillie à laquelle il est bien difficile de s'accrocher (que peut-il rester de l’énonciation d’un cinéaste dans un tel chaos ?), d’autant plus si c'est pour observer discourir des figures aussi antipathiques que les intellectuels narcissiques et verbeux des seventies (auquel le final apporte certes, in extremis, le tranchant d’une autocritique).
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