(...) On commence avec en compétition Der Nachtmahr de Akiz, un artiste contemporain qui réalise ici son premier long-métrage (décidément, c’est l’année des premiers jets). Comme d’habitude, je refuse de regarder les bande-annonces, mais celle-ci, je l’ai entendu à mon insu, à coup de tracks technos bien violents. Dans ce cauchemar, une jeune adolescente, Tina, fêtarde voit sa vie changer suite à l’apparition d’une créature à laquelle elle est physiquement liée. Le long-métrage nous met en garde dés les premières images, cartons d’avertissements quant aux strobes et sons binauraux utilisés, en annonçant la couleur, ou plutôt les couleurs de ces fêtes technos dans des piscines, des caves, des hangars, où la musique est tellement puissante que les corps dansants se perdent dans une extase de tous les moments, se faisant l’écho d’une génération qui s’enferment du monde extérieur par le son. Der Nachtmahr parle de ce moment où l’on est obligés de devenir invincible pour résister à un monde fixe qui refuse les changements qui peuvent parfois être monstrueux. Le battement régulier d’un beat techno pourrait alors agir comme ce bouclier réconfortant, apportant un peu de stabilité, à un âge où les changements corporels et intérieur sont nombreux. La mise en scène magnifique de Akiz est le miroir du basculement de Tina, se rapprochant de son héroïne au fur et à mesure de l’histoire, enfermée au début dans ces cadres filmés en très grand angle donnant l’impression qu’elle est seule, perdue au milieu d’un vide non-sensique. La grande force du film de Akiz est qu’il n’est jamais clair sur l’existence réelle ou non de cette créature, sorte de mélange monstrueux et attachant entre E.T. et un paresseux, en embrassant entièrement le point de vue de l’adolescente troublée. On se retrouve, comme elle, à vouloir se perdre dans ces pulsations sonores qui changent en substance la salle de cinéma, la transformant en un corps organique mouvant dans lequel l’écran agit comme un kaléidoscope hypnotique. Le sens devient alors propre à l’expérience filmique de chacun, et Akiz ne serait finalement là que pour nous aider à accepter le monstre qui est en chacun de nous. Der Nachtmahr ne donne jamais de réponse, et devient alors une expérimentation sensorielle de tous les moments dans laquelle chacun est libre d’y projeter ce qu’il veut. (...)
Tiré du journal du festival du PIFFF 2015 : lire l'aticle entier sur mon site...