Deseret
6.3
Deseret

Documentaire de James Benning (1995)

Lakecity quiet pills carrément

Deseret colle bien à ce que disais Masao Adachi du paysage filmé: filmer le paysage comme entité politique par essence vu qu'elle explicite tous les rapports sociaux d'un pays voir d'un système. Benning réalise ainsi son Trop tot / trop tard à lui, dans son pays, et aussi à sa manière parce que c'est grave intéressant de comparer deux films qui diffèrent finalement grandement de part des détails subtils.


En gros y a deux trois partis pris qui me semblent important à soulever parce que, en confrontant les deux œuvres leur but apparaissent de manière plus net, ou si c'est pas leur but au moins leur point de vue.

Deja la différence majeure entre TT/TT et Deseret c'est comment la caméra filme. Parce que TT/TT est un film qui de l'extérieur peut sembler extrêmement clinique, froid, objectif, alors qu'il n'en est rien. TT/TT est un film qui bouge, qui prend les armes, qui avance, qui saisit. En bon film sur la violence, il chercher la vie, les éclats, et il fait cela en utilisant le procédé panoramique. TT/TT sonde car il recherche l'étincelle. C'est un film qui prend parti nettement et explicitement. Les textes lus sont des textes politiques de penseurs politiques, et cela ruicelle donc sur la mise en scène.


Benning lui par contre est un réel clinicien je trouve (peut être que mon point de vu évoluera avec le temps et que je rougirai de cette interprétation osef imo ratio). Deja sa caméra ne bouge pas. Elle fait défiler par le montage, comme un diaporama policier. Car Benning ne cherche pas, il a déjà trouvé: il expose, fait un état de fait. Vous me direz ceux qui ont vu TT/TT: les deux textes du film font aussi des états de fait. Certes. Mais ces textes sont des textes révolutionnaire au sens politique du terme. Ils évoquent l'échec en vu d'une victoire. Les textes lu dans le Benning eux sont des faits divers provenant d'un journal. Et l'image est ainsi un rapport d'effets qu'on expose sans vie. C'est un outil de preuve. Après sans vie ne veut pas dire sans émotion, mais on y cherche pas l'énergie de vie et de mouvement. La vie prend forme comme un invisible qui émane de l'aura de ce qu'on filme comme là aussi un témoignage, une preuve. Aussi Benning traite le mal critiqué dans son exhaustivité: le mal dans tous ses états dans l’Utah, et après comme dernier plan du film nous accueille dans ce lieu salement torturé pendant tout le métrage, rendant ce dernier plan absolument cynique.


Bref petit banger mais aussi petite gêne la dédicace à la fondation rockfeller à la fin.

Abrom
8
Écrit par

Créée

le 6 nov. 2022

Modifiée

le 6 nov. 2022

Critique lue 31 fois

Abrom

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