Desert Road, c'est exactement le genre de petit film à concept plutôt séduisant sur le papier et dont je peux être friand. Néanmoins, c'est aussi fréquemment une belle idée de court métrage qui s'étire trop pour son propre bien et dont le concept risque à tout moment de s'effondrer sur lui-même. De plus, l'avalanche de boucles temporelles que l'on connaît aujourd'hui dans les films, séries, jeux vidéos à tendance à épuiser un concept déjà limité et à rapidement devenir cliché et prévisible.
Ce film a pour lui de revisiter ce concept différemment en intégrant la géographie des lieux. C'est assez malin et la montée en tension de la première moitié fonctionne parfaitement. Il y a un joli travail sur le son et les acteurs au nombre restreint sont vraiment convaincants (mention spéciale au caissier de la station essence). Le parcours intérieur du personnage principal, cherchant à retrouver confiance en elle et à reprendre en main sa vie est bien plus convenu mais s'intègre plutôt bien au dispositif mis en place.
Hélas, dans sa seconde partie davantage explicative et mouvementée, j'ai eu la sensation de retrouver les rails scénaristiques habituels dans ce type de récit. J'ai eu la sensation de devancer le film et je me demande si 15 minutes de moins n'aurait pas été judicieux. Une fois le mystère dissipé, l'intérêt retombe légèrement de mon côté. Mais dans un genre si rabâché, Desert Road tire clairement son épingle du jeu et ravira les amateurs de thriller SF.