On lui fera tout faire, à Depardieu. Même de la redite en matière de films ultraviolents à super-flics qui disent de méga-gros mots. De facto remake de 36 Quai des Orfèvres (ou plutôt remake de l’acteur dans le rôle du bon gros policier français qu’aucun autre bon gros acteur ne peut tenir), le film est vraiment un signe que les foules s’ennuyaient de leur agent gangsteroïde.
Même l’argot stylisé revient avec toute la puissance de son flop quand il est proféré par des acteurs qui le récitent sans y croire. Misant sur un peu tous les pôles habituels du genre “thriller corrompu”, Béat passe pourtant à côté de tous les endroits où son film aurait eu quelque potentiel : le “quartier”, terrain de jeu habituel du policier blasé, n’est étudié que superficiellement, & on se fiche de comprendre pourquoi tous ces gens sont tels qu’ils sont, qu’il s’agisse de cette maréchaussée diabolisée, des criminels ou des plébéiens : tous baignent dans une vie qui est réduite à un bruit de fond pour que rien ne compte d’autre que cette ambiance vaguement noire cultivée à l’extrême. On pourrait parler de désenchentement… si quoi que ce soit nous enchantait au départ.
Quant aux émotions, tout le monde se retient en général d’en exprimer. En effet, les sentiments sont des créatures dangereuses quand on tient à ce que tout se passe mal. J’hésite à saluer les personnages féminins à qui l’on donne pour tâche d’humaniser cette foire à la testostérone, car on ne leur donne finalement pas grand chose d’autre à faire. Intéressant pour sa manière de détourner le non-décor (comprendre qu’il y a eu du travail pour rendre cinématographique le look bêtement banal d’un coin de rue ou d’un arrêt de bus crado), Diamant 13 a grand tort de se croire à la hauteur pour transcender le dicton : “la violence ne résout rien”.
→ Quantième Art