Le réalisateur turco-italien tisse avec "Diamanti" son film le plus ambitieux sous la forme d'une ode aux femmes et d'un hommage à la magie du cinéma.
Le cinéaste trousse un récit gigogne par le biais d'une mise en abime, où le réalisateur lui-même réunit pour une lecture de son nouveau scénario chacune des actrices connues avec lesquelles il a travaillé, et avec habilité scénaristique plonge le spectateur au cœur d'un atelier romain de haute couture dans les années 70, spécialisé dans les costumes de théâtre et cinéma. La prenante narration chorale prend corps à travers le destin de toutes ces petites mains qui de fil en aiguilles dévoilent leurs propres histoires au sein d'une équipe dirigée par deux sœurs (épatantes Justine Trinca et Luisa Ranieri) propriétaires de l'atelier de créations.
La caméra filme avec grâce toutes les confections des magnifiques costumes de commandes, comme une étoffe bercée par le vent, et enveloppe avec bienveillance ces élans de sonorité salvateurs pour compenser les chaos de la vie (violence conjugale, précarité, peine de cœur, deuil..).
À mesure que les tissus s'assemblent l'émotion de ce collectif féminin recouvrent de frissons les pores de notre peau, touché par ce flamboyant portrait de groupe.
Cette œuvre dédiée à tous les diamants du monde s'avère particulièrement élégant et émouvant.