Un hallucinant casting de stars, des maquillages outranciers délirants, des couleurs ultra saturées et de la punchline comme s'il en pleuvait, Dick Tracy est un réjouissant bordel hypertrophié et extrêmement référentiel.
En adaptant un célèbre comics, le film se pose en successeur du Batman de Burton (demandant même à Elfman une musique quasi similaire), joue sur les codes du film noir, le tout mâtiné d'un esprit hérité des cartoons de Tex Avery.
Un film hystérique et débridé dans lequel Al Pacino ressemble à la marionnette de Stallone dans les guignols et n'hésite pas à en faire des tonnes dans son numéro de parrain loufoque, Madonna joue les femmes fatales et Warren Beatty promène son flegme flanqué d'un gamin aussi sauvage que débrouillard.
Avec ses stars à peine reconnaissables qui viennent faire un petit coucou, Beatty et sa joyeuse bande d'acteurs s'amusent comme des petits fous.
Mais le plus appréciable, ce sont ces audaces formelles. La photo et le montage font du métrage un Sin city familial et hyper coloré qui flatte la rétine dans lequel Warren Beatty laisse transparaître son iconoclasme et sa fantaisie qu'il est possible de retrouver dans son méconnu Bulworth.
Malgré un succès correct lors de sa sortie, Dick Tracy est étrangement et injustement tombé dans l'oubli. A mille lieues de nos films de super héros mornes et standardisés, il est un ovni qu'il ne faut pas hésiter à redécouvrir.