Les chroniques d'un Kangourou, un film de niche assurément original. Pour commencer, c'est un film de gauche dans un univers de gauche, c'est suffisamment rare pour le souligner. Ensuite l'un des deux personnages principaux est un kangourou, et à part l'un des personnages secondaires, tout le monde semble s'en foutre.
Bref, ça commence simplement, avec un Kangourou communiste recherché par la police (police fidèlement représentée par des individus inutiles et inefficaces), et un camarade anarchiste (modéré) qui l'accueil sans vraiment savoir pourquoi (et en même temps comment pourrait-il rejeter ce kangourou hors de sa vie, si ce n'est en invoquant une réthorique fasciste contraire à ses idées ?).
Le film se situe en Allemagne, donc c'est pas très très bien vu le fascisme là bas. Sont exposées les stratégies d'ED habituelles, c'est à dire utiliser des hommes de main, tout casser réfléchir après, et une obsession pour les gros pénis. On notera que Marine Lepen est explicitement nommée en lien avec le fascisme, ce qui, encore une fois, en fait un film de niche de part la rareté du discours (surtout en ce moment).
Le scenario est minimaliste on va dire. On est sur des gens de gauche qui veulent vivre leur vie tranquille, et des fascistes qui viennent les emmerder pour montre ki-ki-ka-la-plus-grosse. Comme dans la vraie vie quoi.
Le film en vrai, est pas ouf dans sa construction, dans son scenario, dans sa réalisation, etc. C'est cousu de fil blanc. Mais au fond, vraiment, quand on regarde les Chroniques d'un Kangourou, c'est pas ça qu'on cherche. Ce qu'on souhaite c'est s'évader du monde proto- ou carrément-fasciste dans lequel on se trouve en ce moment. C'est se marrer en imaginant que, parfois, les gentils peuvent gagner. Die Kaenguru-chroniken (le livre) est sortie en 2009, et s'inscrit dans l'arrivée progressive du Solar Punk, sans en être totalement. Il apporte une vision optimiste du futur. Et c'est bien.
Ami·es communistes, restons uni·es jusqu'à la révolution.
Après ça se gâte.