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Critique de Dieu est timide par lisaguyon
Noémie peut flex de faire partie des gens qui nous font découvrir des choses en dormant
le 24 févr. 2026
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Dans son court-métrage bien plus coloré sur la forme que dans le fond, Jocelyn Charles nous fait voyager à bord d’un train aux côtés de Ariel et Paul, deux étudiants en art qui, pour tuer le temps durant ce trajet, dessinent leurs plus grandes peurs, sous différents traits. Leur petit jeu prend une tournure bien différente lorsque Gilda, une passagère d’âge mûr et au comportement étrange, s’invite à leurs places, et leur livre sa propre expérience de la peur.
“Dieu est timide”, tant par le biais de sa direction artistique singulière que par celui de sa narration captivante, nous emmène dans un voyage au cours duquel le spectateur est invité à sonder tant les confins de la peur, que ceux de l’art.
Ce court a tout d’une réflexion globale sur l'horreur, ce qui la compose, ce qui nous attire inexorablement vers elle. Il commence par poser une distinction entre la peur, qui serait quelque chose de plus profond et personnel, et la frayeur, qui relèverait davantage du viscéral, du sursaut et du dégoût, que l'on cherche souvent dans certains films d'horreur.
Ariel et Paul, malgré ces dessins horrifiques qui ne sont pour eux qu’un simple jeu, une distraction durant leur voyage, disent ne pas aimer l'horreur, mais le faire simplement pour «exorciser leurs peurs». Ne s'agit-il toutefois pas là, justement, de l'une des raisons pour lesquelles les gens aiment le genre horrifique ? On sent, de la part du réalisateur, un amour certain pour l'horreur, et tout ce que ce genre permet de raconter, de ressentir, de créer, de dire de notre monde.
Le style d'animation, très particulier, se prête assez bien à l'exercice horrifique, notamment par ses jeux avec les déformations, les couleurs très singulières et percutantes, ces transitions entre les croquis esquissés par ces jeunes illustrateurs et leurs récits issus tout droit de leur imagination, qui choquent tout à coup la rétine.
Le choix de l'animation pour raconter cette histoire paraît alors être idéal, car il s'agit là aussi d'une réflexion sur le processus créatif. Des mots au croquis, du croquis à la vision d'horreur, de la simple peur qui traverse l’esprit à la terreur envahissante qui se concrétise. L'inquiétante Gilda pose la question de l'origine et de la raison de la vie; Jocelyn Charles aussi, d'une certaine manière. Comment crée-t-on ? Pourquoi ?
L’un des rares représentants de l’animation parmi les films en compétition de ce 45ème FIFAM, ce “Dieu est timide” fusionne les vastes libertés et possibilités tant de l’animation que de l’horreur, qui ont en commun leur large palette créative.
Charles Jocelyn impose son style affirmé, aux nettes inspirations nippones, et s’en sert pour balayer, d’un revers de pinceau, des questionnements personnels, artistiques, et même existentiels.
Créée
le 2 déc. 2025
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