En revoyant ce film, j'ai le sentiment que... si on le regarde comme un film d'horreur, c'est un des plus subtils jamais construits. C'est la valeur ajoutée au Scum de 1979 : l'horreur, et non plus seulement la pression.
Je pense à l'horreur, au genre horrifique, car c'est la dernière scène qui m'y rappelle (quelques secondes d'air pour être emmené, traîné dans des sous-sols où tout est passé sous silence), c'est le huis-clos qui m'y rappelle aussi, l'univers sommaire, le peu de matériau et puis le nombre de coups aussi.
C'est soit l'horreur ou un film de micro-guerre civile.
Le film est intéressant parce qu'aucun ingrédient économique, comme dans Scum, ne vient s'interposer dans ce contexte émeutier et pré-révolutionnaire. C'est intéressant car cela permet d'épurer le sujet qui se situe autour de l'insoumission et de l'autorité. Tout repose sur une surenchère à vrai dire, mais aussi sur des alliances stratégiques, des stratégies négrières qui importent peu au final car ce sont toujours les mêmes qui prennent.
Il y aussi une approche individualiste qui me saisit aussi, alors que ce film est éminemment sociologique, d'une sociologie informe mais incomplète aussi.