Sorti en 1979, Dominique semble appartenir à une autre époque. À l'heure où le cinéma fantastique vient de connaître les secousses de Carrie, Suspiria ou Halloween, le film de Michael Anderson regarde ostensiblement vers le début de la décennie, voire plus loin encore. Ce qui pouvait apparaître singulièrement démodé à sa sortie constitue aujourd'hui une partie de son charme. Grande demeure isolée, couple bourgeois miné par les secrets, apparitions nocturnes et possible retour d'entre les morts : Dominique renoue avec une tradition très britannique du thriller gothique et de la machination psychologique. L'intrigue repose sur une mécanique éprouvée. Après avoir poussé son épouse Dominique au désespoir, David Ballard, homme d'affaires confronté à de sérieuses difficultés financières, commence à être hanté par celle qu'il croyait morte. Fantôme vengeur, culpabilité devenue folie ou manipulation soigneusement organisée ? Le film entretient longtemps l'incertitude, davantage préoccupé par son jeu de dupes que par la volonté de provoquer une véritable terreur.


Michael Anderson adopte pour cela une mise en scène extrêmement classique, parfois trop. Le film avance avec une lenteur considérable et étire une intrigue finalement assez mince. Quelques séquences auraient gagné à être resserrées et le film peine à créer cette atmosphère suffisamment envoûtante qui permettrait à son rythme languissant de devenir une véritable qualité. Il demeure pourtant plaisant à suivre grâce à son élégance désuète et à quelques retournements suffisamment efficaces pour maintenir l'intérêt.


Il bénéficie surtout d'une distribution de premier ordre. Cliff Robertson apporte à David une fragilité ambiguë qui accompagne parfaitement la progressive perte de ses certitudes, tandis que Jean Simmons possède immédiatement toute la distinction et la mélancolie nécessaires au personnage de Dominique. Jenny Agutter et Simon Ward complètent avec classe un casting presque luxueux pour une production aussi modeste. Ni réellement effrayant ni totalement passionnant, Dominique reste ainsi un sympathique thriller d'épouvante à l'ancienne. Son principal défaut est aussi devenu, avec le temps, l'un de ses attraits : profondément anachronique en 1979, il apparaît aujourd'hui comme le survivant attachant d'un cinéma britannique déjà en voie de disparition.


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le 20 août 2026

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