Schizophrène et hanté, Donnie Darko passe par des prismes si nombreux (psychologie, mystère, drame, surnaturel...) qu'on se demande si on regarde un film familial ou d'horreur. Ce n'est pas le premier à soulever ce doute improbable : il y a eu Jumanji, et surtout E.T., dont je ne peux m'empêcher de rapprocher le film de Kelly, qui concentre beaucoup de vibrations spielbergiennes et sait très bien quoi en faire. La sortie en bicyclette de quatre adolescents par une soirée d'Halloween se chargera de finaliser l'hommage.
Entre un Gyllenhaal mystique et un décor sans limites posé en continu, c'est le genre d'univers qu'on sent tissé avec la lenteur et l'assurance qu'une araignée dévouerait à sa toile. Sauf que la toile est en 3D : les autoréférences fourmillent et un deuxième visionnage sera nécessaire pour comprendre que le film n'est pas qu'une compilation de personnages de caractère, mais une œuvre qui boucle parfaitement sans rien laisser au hasard.
Tout y a plus de sens qu'on peut le croire à première vue, et le film se redéroule à l'envers une fois fini (pas étonnant que Nolan s'en soit entiché au point de l'aider à sortir au cinéma) : non, ce n'était pas juste l'histoire étonnante d'une charmante bourgade américaine – mais charmant et étonnant, le film est les deux.
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