Écrit et réalisé par Richard Kelly, Donnie Darko présente l’histoire d’un jeune lycéen du même nom qui voit un jeune homme habillé en lapin, Frank et qui annonce l’approche de la fin du monde.
Sorti en 2001 mais reprenant l’esthétique des années 80, le film est révélateur d’une vision approchante de la fin du monde, d’un fatalisme assez puissant et surtout d’une critique cinglante et transcendante de la société.

C’est par les trois spectres de personnages que les critiques se présentent, le premier est le personnage éponyme puis par des plans séquences sa famille se révèle et petit à petit c’est la ville réduite par l’entité scolaire qui est mise en avant. C’est par ces plans séquences assez nombreux que le film donne l’impression de vivre dans une communauté avec les personnages, en effet cela donne la sensation de marcher avec eux, et d’avoir le regard qui se balade dans les différentes scènes. Cet effet de style permet d’ancrer le spectateur dans son visionnage et surtout d’en sortir une forme de réalisme car nous avons l’impression de vivre avec les personnages.

Ainsi, par l’entité de la ville nous approchons différents personnages avec de nombreuses formes corrompues, et l’hypocrisie derrière leurs comportements notamment par le biais des valeurs américaines exagérées et ridiculisées par la réelle nature des personnages concernés. À ces figures corrompues s’opposent deux figures professorales qui représentent l’éducation qui se fait taire et peut fortement faire écho aujourd’hui à la censure qui a été imposée sur de nombreux livres sociaux politiques qui sont culturellement essentiels. En plus de cette entité générale nous avons un rétrécissement qui s’opère pour s’intéresser aux parents de Donnie Darko. Ils représentent un mélange entre ces figures qui sont soumis à des décisions extérieures notamment par leur facilité à accepter le bourrage aux médicaments que leur fils peut subir, mais aussi une certaine révolte face aux forces autoritaires qui veulent notamment faire taire les lanceurs d’alertes. Enfin, nous arrivons au personnage de Donnie Darko ; qui est évidemment essentiel en vue du nom de l’œuvre. C’est par ce personnage que vient le questionnement principal de l’œuvre : où est la folie? Qu’est-ce que la folie? En effet, ce personnage est diagnostiqué schizophrène paranoïaque, il aurait donc des visions et croirait voir dans le futur. Il représenterait donc une certaine jeunesse complètement perdue, et se rapprocherait de l’idée d’un « fou », qui invente des choses, parle de la fin du monde, critique l’homme parfait et sous-entend que cet homme mis sur un piédestal serait un antechrist. Mais le film prouve que le point de vue de Donnie est loin d’être le mauvais, en vue de l’importance mise sur l’hypocrisie de la société et les conséquences qui en découlent. C’est d’ailleurs par des sur-cadrages que l’enferment de Donnie est mis en avant; un enfermement dans son état psychologique, mais aussi dans cette société qui semble aveuglé par des belles paroles, mais qui semble sans cesse faire taire ceux qui ont les idées qui peuvent révolutionner les pensées en les traitant de fou, ou en les écartant.

En plus de ces groupes de personnages significatifs, le film est marqué par une chronologie et une vision cyclique du temps. Ainsi, le temps qui passe est marqué par des plans accélérés notamment en plus des calendriers et des cartons montrant les jours qui passent. Ainsi, c’est par le cycle imposé par l’œuvre qu’il est essentiel de revenir au début quand on le termine. De ce fait, le livre enseigné par le personnage de Drew Barrymore rappelle le principe même de l’œuvre et consiste en une mise en abîme classique. Elle expose en effet cette jeunesse perdue mais surtout ce désir de changer la société même si c’est par le feu.

Globalement, Donnie Darko est une œuvre métaphorique sur la condition humaine et sa tendance à répéter les mêmes erreurs de manière cyclique mais surtout de classifier les détenteurs de la vérité comme psychologiquement instable. Plus que l’hypocrisie politique c’est aussi l’hypocrisie du quotidien qui est acerbement critiquée.

artanis_
7
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le 8 févr. 2026

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Lucile Tambrun

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