J'aime bien Tezuka. Bon, il n'a pas fait que des réussites, mais dans l'ensemble, son oeuvre est hors norme. J'ai plus ou moins retrouvé sa patte dans ce long-métrage, mais franchement plutôt "moins" que "plus".
Dororo part d'une histoire originale et intéressante, malheureusement, il a un défaut que toute la qualité du scénario, des musiques, et des prises de vue n'arrive pas à combler : c'est un film japonais. Là, presque tout est dit.
Pour une fois, les acteurs ne jouent pas trop mal. Exception faite de la fille incarnant Dororo, dont le jeu est - excusez-moi - absolument horrible ; elle a tous les défauts que je peux reprocher à une actrice japonaise, elle sur-joue à mort, force ses mimiques, essaye d'interpréter un dur de manière absolument caricaturale, et finalement se met à pleurer avec un rictus à faire peur.
Les effets spéciaux sont catastrophiques ; il faut dire que la seule fois que j'en ai vu de bons dans un film japonais, c'est dans Cutie Honey où ils étaient constitués de séquences d'animation pour garder un côté "second degré". Là, c'est moche, et ce n'est pas fait exprès. Le sang ne fait pas naturel, les démons en images de synthèse se collent sur le film de manière hideuse, bref, cela rend parfois ridicule des scènes qui ne devraient pas l'être...
Dororo est un film avec de nombreuses qualités, faisant que je ne me suis pas ennuyé pendant les 2 heures qu'il dure ; il y a de l'action - pas toujours superbement chorégraphiée mais cela passe - un bon scénario, mais aussi (hélas) les défauts typiques des productions japonaises en "prises de vue réelles". Ca aurait été un film d'animation ou un film chinois/hongkongais, je suis sûr que cela aurait été parfait ou presque. Mais ce n'est pas le cas, dommage.