Pour l'action, ça vaut James Bond, et pour le reste, ça vole un peu au-dessus.
Mais...
Au début du film il y a une scène et une chanson épouvantables qui conseillent aux femmes de s'habiller "décemment" sinon - sous entendu - les garçons ne pourront pas résister et elles l'auront bien cherché ! C'est bien connu que le viol, c'est la faute de la femme violée ! la véritable victime étant le violeur !
C'est assez immonde et très lourd : ça prend toute la scène qui est celle de la première rencontre du héros et de l'héroïne, et on remet ça peu de temps après durant toute une longue chanson ; épouvantable et exaspérant.
SI je suis allé au-delà de ces moments immondes, c'est pour savoir jusqu'au pouvaient aller la misogynie et le patriarcat dans ce cinéma-là, en 1980 ! ; autant ces attitudes sont documentées dans le cinéma occidental, autant j'ignore tout de ce qu'il en est des films asiatiques et indiens notamment de l'époque. Mais on n'y reviendra plus après, le rôle de la femme (des femmes) restant toutefois assez secondaire dans le reste du film, , comme si cette séquence était un commentaire superflu et hors sujet de la part de la réalisation et de la production qui voulaient morigéner les femmes indiennes.
On passe donc au sujet principal : une amitié brisée (plus à cause d'un malentendu que d'une femme, objet – et non cause – de ce malentendu). Il se passe aussi beaucoup de scènes de baston sans grand intérêt (baston qui navigue entre le film de bagarre hongkongais et les films de brutes du cinéma étasuniens). Et la scène finale renvoie immanquablement aux scènes de poursuites telles que celles qui ont fait la réputation (surfaite) des James Bond de l'époque.
Et me sont revenues alors ces premières scènes détestées et je me suis demandé si ce n'était pas une volonté de se démarquer avec ironie du sexisme tout aussi épouvantable des 007. J'élucubre peut-être et il n'y a peut-être que du premier degré dans ce film; toutefois cette ironie ne serait pas incompatible avec la volonté de morigéner les femmes trop indépendantes... et ça ferait d'une pierre deux coups!