Double Dragon est une comédie débridée. Le film joue sur le comique de situation et ne cherche ni la cohérence ni la crédibilité.
L’intrigue repose sur une idée souvent exploitée au cinéma : deux frères jumeaux séparés à la naissance, aux caractères diamétralement opposés, se retrouvent malgré eux plongés dans une série de quiproquos.
Le principal intérêt du film est de voir Jackie Chan interpréter deux personnages très différents. L'un est un chef d'orchestre raffiné, calme et réservé ; l'autre, un mécanicien bagarreur, débrouillard et impulsif. Plus que leur apparence, c'est leur langage corporel qui les distingue. Jackie Chan compose deux personnalités immédiatement reconnaissables et l'on oublie rapidement qu'il s'agit du même acteur.
Le scénario est loin d'être le plus solide de sa filmographie et les péripéties servent surtout de prétexte à une succession de gags, de poursuites et de combats. Mais le film assume pleinement cette légèreté. Son but est de divertir, et il y parvient grâce à un rythme soutenu et à une inventivité constante. Les scènes où les deux frères semblent ressentir physiquement les actions de l'autre donnent lieu à quelques idées particulièrement amusantes. La séquence de la direction d'orchestre est, en particulier, très réussie.
Les effets spéciaux, réalisés bien avant l'ère du numérique, sont assez convaincants. Les nombreux plans où les deux Jackie Chan partagent l'écran témoignent d'un véritable savoir-faire technique, même si tout n'est pas parfait, notamment dans la direction des regards entre les deux personnages.
Double Dragon n'est pas un sommet de la carrière de Jackie Chan, mais il illustre une qualité que l'on retrouve tout au long de sa filmographie : sa capacité à passer d'un registre à l'autre avec facilité. Après le kung-fu traditionnel, puis le polar sombre, il revient ici à une comédie familiale pleine d'énergie, où le plaisir de jouer semble aussi important que celui de réaliser des cascades. Et ce plaisir est perceptible à l'écran et communicatif.