La découverte par hasard d'un film noir, thriller sorti en 1959 avec en vedette, Lino Ventura et un casting prometteur. Avec un scénario mitonné par Pierre Boileau et Thomas Narcejac.
Franchement, je me suis jeté dessus comme la misère sur le pauvre monde. À l'arrivée, même si l'action se passe un 14 juillet, baigné dans les flonflons des bals musette, il y avait quand même de la déception dans l'air.
Le réalisateur Géza Radványi, hongrois, n'a pas tourné beaucoup de films et si j'en crois Wikipedia, ses films semblent n'avoir pas été de grands succès. Le titre allemand est Ihr Verbrechen war Liebe (Son crime était l'amour) n'offre guère d'informations sinon que le possessif ihr indique qu'il s'agit du crime d'une femme.
Le scénario raconte l'épopée de trois détenus d'un pénitencier qui doivent récupérer de l'argent pour payer leur passage en bateau.
Une première difficulté est que cet argent est conservé par la femme de l'un des évadés qui vit maintenant avec un demi-sel (Gert Fröbe) qui s'est approprié l'argent. Une deuxième difficulté est que le détenu à qui appartient cet argent a été gravement blessé au cours de l'évasion et ne peut pas se déplacer pour aller retrouver la femme. De plus, le bateau à quai n'attend pas indéfiniment d'où un compte à rebours de douze heures.
Avec un tel sujet, on peut imaginer ce qu'un Melville ou un Verneuil auraient pu faire. Tandis que là, c'est le calme plat où les actions se succèdent dans une atmosphère noire plutôt cool où on n'a vraiment pas l'impression que les gens s'excitent beaucoup.
Passons sur certaines petites invraisemblances scénaristiques ou certaines longueurs inutiles, indignes, de mon point de vue, du couple Boileau-Narcejac et sur la conclusion plutôt convenue du film. Je pense qu'ils n'ont pas dégainé toute leur puissance machiavélique habituelle car, en définitive, la soupe reste globalement un peu fade avec des dialogues souvent assez ternes.
Parlons plutôt du casting avec Lino Ventura dans le rôle d'un des détenus ; on retrouve sa gouaille et son entrain habituel. Il fait le job et est le principal attrait du film.
Laurent Terzieff joue le rôle du détenu qui est gravement blessé et qui se désole de ne pas pouvoir revoir sa dulcinée, d'autant qu'il se doute de son infortune. Justement le rôle de cette femme est tenu par Eva Bartok (je ne connais pas). Elle m'a parue peu impliquée dans son jeu alors qu'elle tient un rôle pivot peu reluisant de femme fatale, parfait pour un film noir.
Quant à Gert Fröbe, avec qui Eva Bartok s'est mise en ménage, il est doublé par une voix française alors que j'adore son accent teuton (à décoiffer mémé) qui apporte toujours une plus-value dans les films où il joue.
On croise aussi dans le film des seconds rôles de l'époque comme Lucien Raimbourg, Suzy Prim ou Guy Trejean.
Autre déconvenue : la musique annoncée sur la pochette du DVD était signée Léo Ferré avec une chanson au générique de Catherine Sauvage ; à l'arrivée, pas de musique hormis les valses classiques musette du bal du 14 juillet …
Bon, au final, je dirais que le film est effectivement bien noir mais que le thriller est assez mou.
Pour la note, je suis au regret de ne pas pouvoir dépasser 5 malgré la prestation honorable de Lino Ventura.