Vu à sa sortie, le film m'avait moyennement convaincue, car j'y avais vu un côté grotesque qui s'est confirmé lors de ce dernier visionnage, plus de 30 ans après (aïe, ça pique!).
Dracula propose une très belle esthétique, mais le récit et les personnages manquent énormément de profondeur. Malgré ses 2h08, le film aurait paradoxalement mérité une bonne demi-heure de plus pour étoffer un peu la trame. Le scénario est très brouillon, et les dialogues étant médiocres, j'ai eu l'impression de regarder une parodie des films d'époque, malgré le regard tendre que porte Coppola sur son sujet. Si l'histoire d'amour, très romantique, est plutôt bien transcrite à l'écran, les péripéties se succèdent sans réel développement, sans véritable tension dramatique. Outre cette absence de fascination de ma part, les décors font vraiment cheap, les personnages secondaires, y compris Lucy, sont d'une platitude insupportable, Keanu Reeves est mauvais (je l'aime, mais ce rôle ne lui va pas du tout), et Anthony Hopkins enchaîne les rires forcés assez gênants. Ces défauts m'ont empêchée d'être emportée (ou même concernée) par le film ou par le sort des personnages.
Côté positif, je trouve que Coppola a réussi à créer une ambiance assez envoûtante, qui est la véritable signature de son film, et il faut aussi souligner la superbe musique, l'éclat des couleurs et la prestation du merveilleux Gary Oldman, l'un des acteurs les plus sous-exploités de sa génération.