Laminé par la critique pour son Godfather Part III pourtant honorable, Francis embraye sur Dracula. SON Dracula. Ne croyez pas le titre qui affirme qu'il s'agit du Dracula de Bram Stoker, puisqu'il se l'approprie de mille-et-une manières.
Ce comte Dracula est ambivalent, mélancolique autant que féroce, un véritable héros tragique Shakespearien, loin de la bête à abattre décrite dans le roman d'origine. Ce qui permet à Coppola de laisser libre court à sa poésie rétro. Usant de vieilles techniques pour livrer une image moderne du vampire.
Le film déploie en effet une batterie d'effets presque centenaires ( superpositions, maquettes, peintures sur verre, etc... ) pour concocter des images venues de nulle part, envoutantes et étranges, qui restent sur la rétine longtemps après vision. Un super-casting de luxe ( Tom Waits en Renfield, quelle idée de génie ! ) assorti d'une partition baroque et flamboyante achèvent de faire de ce film un monument de Cinéma ( avec un grand C ).
Le seul vrai bémol que j'ai à soulever réside dans cette adaptation visant à humaniser et fragiliser ce brave Vlad. Je n'ai rien contre la tentative en elle-même, mais il subsiste trop d'éléments issus du bouquin qui contrecarrent cette ambition.
Le plus flagrant étant la scène du jardin avec Lucy... Mais que pensait Vlad à ce moment précis ??
"Ooh, ma chère et tendre Elizabeth, je ai retrouvé sa réincarnation après des siècles d'attente fébrile. Je me rends sans plus tarder à Londres pour retrouver sa douce étreinte et ses lèvres sensuelles... Mais n'oublions pas l'essentiel, je vais d'abord me déguiser en singe-garou et violer sa cousine dans le parc !"
Soit les méthodes de séduction ont bien changé, soit il a un sérieux problème d'addiction et de fétichisme...
"Han, han, hmmpf... On m'appelle pas Vlad l'empaleur pour rien... Oh merde, elle m'a vu !"