Je me suis senti un peu leurré par ce long-métrage russe. Si, effectivement, l'intrigue se déroule sur fond de conquête spatiale soviétique (fin des années 50), le fond du récit en dépend beaucoup moins. Alexei Uchitel nous projette donc dans une ville russe portuaire, où l'urbanisme morose s'accorde avec cette mise en scène plutôt froide ; ambiance sibérienne garantie. On fait la connaissance d'un cuisinier de réfectoire, qui rencontre un étranger solitaire de passage. Malgré le comportement mystérieux de ce dernier, les deux hommes se lient d'amitié et il lui révèle qu'une sélection secrète d'agents pour une mission spatiale a lieu à travers tout le pays. Ce récit conspirationniste réveille, en notre protagoniste un peu naïf, ses envies d'échappatoire, d'accomplir quelque chose d'important qu'il semble avoir attendu tout sa vie. Le long-métrage n'a rien d'incroyable, mais a le mérite d'adopter un montage qui reste intrigant et retranscrit l'optimisme soviétique de l'époque - d'une population à laquelle on a fait croire en l'impossible, jusqu'à ce qu'il se réalise.