Pour situer le contexte, j'ai vu Judge Dredd la vieille du revisionnage de ce nouvel opus cinématographique adapté du comic book que je n'ai jamais lu. Est-il plus fidèle ? Dredd a t-il enfin droit à une vraie adaptation ?
De ce que je sais du matériau original, cet opus s'en approche plus mais reste assez éloigné de ce qu'est Judge Dredd. On sent un véritable travail d'adaptation, notamment dans les costumes et les décors qui ressemblent beaucoup à un mélange de contemporain et d'immeubles futuristes. Le côté cheap de la version Stallone est ainsi effacé. L'essentiel de l'action se passant dans un immeuble de 200 étages, c'est plus difficile de juger de la crédibilité du monde décrit dans l'introduction.
Je passe sur l'épisode des motos qui sont tout sauf fonctionnelles, mais pourquoi pas. L'histoire qui nous est contée suit l'enquête du Juge Dredd et de la recrue Anderson sur une affaire de triple homicide. Pas de trahison, de frère caché ou autre connerie. Ici, on fait dans le simple et efficace.
Comme toujours dans ces cas là, ça tourne mal et ça finit en boucherie avec des ralentis (justifiés par la drogue). Le méchant perd à la fin et les gentils ont gagné même si le taux de criminalité est monstrueusement élevé à Mega-city One.
Au final, c'est un film d'action qui fait son taf et pendant 1H30, j'ai passé un bon moment. Clap de fin, salut et à la prochaine.
Mais, ce qui fait que Dredd ne mérite pas plus de 5 à mon sens, c'est que le film ne prend pas parti et n'assume pas son introduction. On parle d'une cité de 100 millions d'habitants gangrénée par la violence, les gangs et les juges sont omnipotents quant au rendu de la justice. Et le film nous fait suivre Dredd, censément The Judge implacable alors qu'on dirait un flic sympa qui vient faire visiter Peach Trees à une nouvelle recrue. Pour exemple, le clodo laissé tranquille à sa quête alors que c'est interdit et même s'il revient ensuite pour le condamner en vain parce qu'une porte s'en est chargée pour lui, Dredd passe pour un juge sympa. Et que dire des gosses qui le veulent le tuer, qu'il va seulement neutraliser parce que Dredd, il a un cœur sous son uniforme. Sans cela, la fin aurait plus d'impact et le rôle de la recrue qui veut changer les choses aussi.
Je passe sur l'excuse de son absence de casque un peu facile. Pour moi, cela se justifie par le fait que Dredd n'ôte jamais le sien (Apparemment, le grand sacrilège de la version Stallone) et le spectateur a besoin de s'identifier à un des héros ou du moins y voir un reflet de l'humanité. Elle est aussi blonde, plutôt jolie, ce qui ne gâche rien. Sauf que son rôle consiste à montrer que même chez les juges, il peut y avoir de l'humain (Je l'ai ressenti comme ça) et ça ne fonctionne pas parce que Dredd n'est pas assez implacable et aveugle comme la justice.
Je n'ose parler de l'antagoniste principale avec un background intéressant qui se verra reléguer au rang de faire-valoir dès la fin de l'exposé dudit background.
Dredd aurait pu oser le radical avec un héros impassible qui montre son humanité à la fin avec un antagoniste bien plus inquiétant. Anderson devenant la caution morale d'un Dredd en mode Juge Badass. De là, une satyre sur la déshumanisation de la justice aurait pu naître et envoyer le film dans d'autres sphères que le bête film d'action en huis clos. Tu peux tuer plein de méchants qui le méritent, ça ne suffit pas à te rendre badass.
Ce n'est pas mauvais, mais à trop vouloir la jouer petit bras, ça manque clairement d'ambition dans le propos et même dans la forme. Le slo mo, seriously ?
P.S. : Les juges ripoux, c'est un gros cliché qui enfonce le clou et décrédibilise encore plus la fonction de juge.