Complétement surcoté, cette nouvelle adaptation basée sur le comics Judge Dredd, après le film de 1995, place cette fois-ci son action presque intégralement dans un immense immeuble-bunker. Le réalisateur Pete Travis en fait une sorte de huis clos sur fond de trafic d'une drogue aux effets ralentissant la perception du temps. C'est toxique, poisseux et sombre, comme un bon vieux film d'action des années 80. Mais c'est aussi affreusement ringard, avec des effets éclatés, des ralentis qui le sont tout autant et des effets spéciaux vraiment pourris.
Il y avait pourtant quelque chose d'intéressant dans cette ambiance crasseuse et dans cette idée d'enfermer toute l'action dans un seul bâtiment. L'immeuble devient un immense terrain de jeu vertical, avec ses étages, ses couloirs et ses appartements. C'est d'ailleurs à peu près la seule véritable valeur que j'ai trouvée au film. Le problème, c'est que ce cadre spatial prometteur se retrouve lui-même dénué de substance par le choix d'un récit aussi resserré et répétitif. On monte, on tire, on tue, on remonte, et ainsi de suite.
Karl Urban est rédhibitoire. Je n'apprécie déjà pas particulièrement cet acteur, mais ici, c'est encore pire : je n'ai jamais eu l'impression qu'il incarnait véritablement le rôle. J'ai plutôt eu le sentiment qu'il essayait de singer Sylvester Stallone, qui avait endossé le costume la première fois, notamment avec ces grimaces ridicules qu'il fait constamment avec sa bouche pour afficher une espèce de dureté permanente. C'est usant. À force de vouloir avoir l'air menaçant à chaque seconde, il finit surtout par ressembler à un abruti.
Le reste du casting ne m'a pas beaucoup plus convaincu. Lena Headey a le charisme d'une huître. Seule Olivia Thirlby a réussi à attirer un peu ma sympathie. Son personnage apporte au moins une présence différente face à Dredd et permet de rompre légèrement avec la monotonie générale.
Niveau histoire, en revanche, c'est le néant. Le film est une petite coquille vide qui n'a pratiquement rien à raconter au-delà de son concept de départ. Je n'y ai trouvé ni véritable intérêt narratif ni grande originalité. Tout repose sur l'ambiance, la violence et ce fameux immeuble, mais dès lors qu'on n'adhère pas complètement à cette esthétique de série B volontairement brutale, il ne reste vraiment pas grand-chose auquel se raccrocher.
Et c'est finalement mon problème avec Dredd : je vois très bien ce qu'il cherche à être, ce vieux film d'action sale, violent, fermé sur lui-même et sans fioritures, mais je trouve le résultat beaucoup plus ringard qu'excitant. Le cadre spatial avait du potentiel, mais il ne suffit pas à remplir une histoire aussi pauvre.
Bref, c'était pas foufou.