Avec un pitch à la fois simple et osé, Steven Spielberg parvient à rendre cauchemardesque un camion !
Tout au long du film, le rythme est soutenu, et la tension monte progressivement sans jamais décroitre. Spielberg multiplie les angles, tantôt collé au visage de son personnage, tantôt au ras du bitume ou derrière la calandre du camion. On sent déjà le futur grand metteur en scène capable de raconter une histoire uniquement par les images. Il film ce camion sale, cabossé, comme un prédateur, un boogeyman. Mais plus le film avançait, plus je voyais ce camion comme la métaphore d'une angoisse, ou d'une culpabilité qui poursuit Dennis Weaver par ailleurs excellent.
Mon seul vrai bémol concerne les voix intérieures de celui-ci. Si elle démontrent l'état de paranoïa, elles m'ont parfois sorti du film, et je pense que les images auraient suffit à elles-mêmes.
N'empêche que plus de 50 après, Duel reste un thriller d'une redoutable efficacité, qui fonctionne encore très bien aujourd'hui, et augure déjà tout le talent du jeune réalisateur.