J’ai été interloqué par plusieurs messages reçus suite à ma story sur Dune.
Des comparaisons absurdes avec le nouveau , j’ai en horrreur cette constante manie qu’ont les gens de donner leur opinion sans rien comprendre au sujet.
Alors j’ai décidé de poser les choses et de partager ici ma lecture personnelle du film de David Lynch.
Il est urgent de rappeler que tout ne se compare pas. Le « Dune » de David Lynch, sorti en 1984, n’a rien à voir ni dans l’intention, ni dans la forme avec les adaptations actuelles, aussi maîtrisées soient-elles.
Ce film, produit par Dino De Laurentiis, est un objet filmique malade, dérangeant, baroque. Il suinte la folie, l’audace, l’excès. C’est un film profondément inconfortable, parfois raté, souvent incompris mais il est vivant. De la science-fiction.
David Lynch, réalisateur expérimental propulsé dans une superproduction de science-fiction, livre ici une œuvre bancale certes, mais habitée d’une tension viscérale. Le casting improbable (Sting en slip plastique), les décors étouffants, l’esthétique organique, presque sale, et une narration labyrinthique donnent au film une aura brutale, unique.
Ce n’est pas un film censé être reçue beau c’est une expérience, c’est un ovni, un film bizarre, qui échoue parfois, mais toujours dans la grandeur. Il ose. Il divise. Il dérange. Et c’est précisément pour cela qu’il est si précieux dans l’histoire du cinéma de science-fiction.
Face à dune de 2021/2024 :
Je le redis : Denis Villeneuve est un grand réalisateur. J’ai adoré Incendies.
Mais son Dune, aussi visuellement réussi soit-il, est un produit de studio.
Tout est maîtrisé, poli, calibré. Le casting (Chalamet, Zendaya, Florence Pugh…) est pensé pour répondre aux attentes d’une génération, les images sont sublimes mais aseptisées, la mise en scène est impeccable mais sans prise de risque.
C’est beau, oui. Mais c’est froid.
C’est un film de prestige conçu dans une logique de franchise, là où le film de 1984 est le résultat d’un acte de foi artistique et industriel délirant.
Ma conclusion : Il ne s’agit pas de hiérarchiser les films, mais de rappeler qu’on ne peut pas les comparer.
L’un est un monolithe sauvage né d’un rêve malade.
L’autre est une adaptation millimétrée, pensée comme un produit culturel de luxe.
Et avant de donner son avis sur ce genre d’œuvre, encore faut-il comprendre ce qu’on regarde.
Athanasia