Drôle, surprenant, joliment réalisé et parfaitement rythmé, Egō est une fable fantastique légèrement mâtinée d'horreur qui développe une profonde métapho-- Ok, je ne comprends rien aux métaphores, mais ça parle de l'adolescence, des rapports mère-fille, de la cellule familiale et des réseaux sociaux. Vous démèlerez sûrement tout ça bien mieux que moi.


Egō est comédie dramatique à l'humour très noir qui m'a fait beaucoup rire du début à la fin. Il faut dire que ses personnages sont absolument exceptionnels et que chaque plan sur le père ou la fille suffisait à faire rire le public dans la salle. La mère, détestable, autoritaire et obsédée par le contrôle se drogue aux réseaux sociaux où elle construit un simulacre fantasmé de vie de famille intitulé "My Perfect Life", à des années lumière de la réalité bien plus saumâtre. Aucun d'eux ne semble voir qu'ils sont en train d'empiler sur leur fille une tonnes de complexes et de névroses dont elle ne se débarrassera sûrement jamais.


Et c'est d'autant plus drôle - et tragique - que je connais parfaitement ce genre de personnage car une de mes "amies" sur Facebook est dans cette mouvance et dédie une bonne partie de son temps libre à faire croire à son entourage que sa vie est un conte de fées dont elle savoure chaque moment avec l'homme de ses rêves oh mon dieu comment puis-je être aussi chanceuse la vie est magique, hihihi.


Oh, il y a aussi un oeuf géant, un monstre, quelques meurtres, et plein de rebondissements plutôt cool qu'on ne voit jamais venir car le film dévoile ses cartes avec parcimonie et ménage bien ses effets. Intense, drôle et parfaitement interprété, avec de belles scènes de suspense et un paquet de surprises, c'est un étonnant sans faute et un vrai coup de coeur.


Egō a été présenté pour la première fois au public au festival du film fantastique de Gerardmer où il a été reçu sous un tonnerre d'applaudissements par une salle très réceptive qui riait à chacun de ses nombreux passages comiques. Et comme la réalisatrice a reçu le grand prix 2022 dans la foulée, elle n'a clairement pas perdu sa journée.

Ezhaac
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Gerardmer vu autant de films en 4 jours (2022) et Les meilleurs films de 2022

Créée

le 3 févr. 2022

Critique lue 987 fois

Ezhaac

Écrit par

Critique lue 987 fois

7
2

D'autres avis sur Egō

Egō

Egō

7

Une belle couvée

Dès sa scène d'introduction, amusante et inattendue, tout est là et le décor est planté, tous les éléments qu'explorera par la suite la cinéaste sont réunis, ne demandant qu'à éclore pour de bon...

le 19 avr. 2022

Egō

Egō

9

Ezhaac

875 critiques

The l'Egō Movie

Drôle, surprenant, joliment réalisé et parfaitement rythmé, Egō est une fable fantastique légèrement mâtinée d'horreur qui développe une profonde métapho-- Ok, je ne comprends rien aux métaphores,...

le 3 févr. 2022

Egō

Egō

9

Spark

139 critiques

Critique de Egō par Spark

Lors de ma préparation du festival de Gerardmer 2022, le trailer de Egō m'a pas mal hypée, et j'en attendais une métaphore de l'adolescence propre visuellement. Restait à voir si le film tenait ses...

le 31 janv. 2022

Du même critique

Martyrs

Martyrs

9

Ezhaac

875 critiques

Expérience traumatique

Peu de films ont su me retourner comme l'a fait Martyrs. Je vais éluder le débat stérile sur la légitimité du thème de la torture au cinéma et partir du postulat que la vocation première du film...

le 22 juin 2010

Chernobyl

Chernobyl

5

Ezhaac

875 critiques

Le Prix du Mensonge

Noter Chernobyl est le grand écart le plus déchirant que j'ai fait sur ce site. En tant qu’oeuvre cinématographique, je lui donnerais un solide 9, mais pour son discours et ses implications...

le 28 mai 2021

Sweeney Todd - Le Diabolique Barbier de Fleet Street

Sweeney Todd - Le Diabolique Barbier de Fleet Street

4

Ezhaac

875 critiques

I feeeeeeeeel you, Johaaaaaanaaaaaaaaaa !!

Avec une photo gothique à souhait et un Johnny Depp qui fait peur, le film partait plutôt bien, d'autant qu'une fable romantique sur le cannibalisme n'était pas pour me déplaire, sur le papier. Mais...

le 30 sept. 2010