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En voilà un giallo bien étrange tout droit venu d'Espagne et réalisé par Miguel Madrid ! Là on est typiquement dans le giallo psychologique, c'est-à-dire le giallo qui privilégie les scènes psychédéliques et la psychologie très bancale de ses personnages aux scènes de meurtres très graphiques. D'ailleurs, le film rappelle pas mal "Spasmo", sorti un an auparavant, pas seulement dans sa thématique des poupées mais également pour son esthétique cauchemardesque qui brouille les frontières entre délire et réalité.

Puisque l'on suit ici le fils d'un jardinier qui, suite à un trauma d'enfance, tue des jeunes femmes qu'il prend pour des poupées - plus précisément des mannequins - mais voit aussi dans certains mannequins de véritables femmes. Voilà donc on sait tout de suite qui est le tueur, pas de whodunit comme dans un giallo classique mais encore une fois cette sensation de cauchemar éveillé puisque nous sommes souvent dans la peau du tueur.

Un tueur gay d'ailleurs, ce qui est quelques-fois pointé du doigt mais pourtant loin d'être un problème, déjà car nous sommes au milieu des années 70 et que le film n'associe pas nécessairement queer et maladie. C'est même une femme qui est à l'origine de tous les traumas du tueur et puis ce dernier est souvent filmé de manière très érotique ; on a en effet une caméra qui n'hésite pas à jouer avec le corps, notamment dans ces longues scènes de douche, ce qui est très rare dans un film du genre puisque ces scènes sont normalement réservées aux femmes. Bref, ça ne m'étonnerait pas que le réalisateur soit lui-même gay mais comme il est aussi peu connu que son film, il est très difficile de trouver des informations dessus.

Concernant la mise en scène, c'est évidemment kitsch mais je trouve que ça épouse parfaitement le ton du film, lui-même kitsch et quand même un peu barré. Je dirai même que le film a quelques-fois des allures de nanar ou de camp involontaires, ce qui le rend d'autant plus attachant. Malheureusement, je trouve que l'ensemble s'essouffle sérieusement dans sa seconde partie et l'ennui prend la place de la surprise.

Bref, "El asesino de muñecas" est donc un film en demi-teinte, d'un côté, je félicite son côté bordélique mais inventif et de l'autre, on regrettera un scénario qui peine à avancer et à captiver.

Shawn777
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