El Dorado de l'espagnol Carlos Saura part de la même histoire vraie que pour le chef d'oeuvre de Werner Herzog, Aguirre la colère de dieu. C'est-à-dire le voyage, l'expédition d'un groupe de conquistadors en Amazonie qui se terminera dans la folie furieuse. L'approche de Saura et du scénariste est différente de celle d'Herzog, on essaie ici d'asseoir la précision historique plutôt que de dresser un portrait d'un homme rongé par la mégalomanie puisque le personnage d'Aguirre n'entre en jeu qu'assez tardivement dans ce film. Le scénario et la mise en scène sont volontairement lents, voulant appuyé sur la pernicieuse décadence des conquistadors ayant une soif dévorante de richesse et de gloire, poursuivant la chimère des cités d'or et massacrant tout ceux se mettant sur leurs chemins. Le film alterne en terme de qualité, certaines scènes sont franchement brillantes mais de nombreuses autres tombent dans l'insipidité, faut dire que la durée est sans doute excessive par rapport aux matériaux de base; cependant la fin est de bonne tenue.