Sorti en 1993 et réalisé par Robert Rodriguez, El Mariachi est le premier volet de la trilogie Desperado. C'est le tout premier film du réalisateur mexicain (et grand ami de Quentin Tarantino) Robert Rodriguez, réalisé à seulement 23 ans, avec très peu de moyens et avec au casting des acteurs et actrices tous amateurs. Et quand je dis que c'est un film réalisé avec très peu de moyens, je ne plaisante pas, puisque le budget du film est de seulement sept mille dollars. On retrouve donc notre musicien désœuvré El Mariachi, interprété ici par Carlos Gallardo producteur du film et ami du réalisateur. Son rôle sera bien sûr repris par Antonio Banderas dans Desperado (1995) puis dans Once Upon a Time in Mexico aka Desperado 2 (2003).
El Mariachi débarque donc dans une ville, seul avec pour seul compagnon sa guitare. Il espère trouver un petit boulot et propose donc ses services dans tous les bars de la ville. Il veut faire comme son père et auparavant son grand père, devenir un chanteur musicien reconnu. Mais pour l'heure, il doit se contenter de petit boulots à droite et à gauche, pour tenter de survivre. En parallèle, on suit Azul (Reinol Martinez) un criminel libéré de prison, après que des hommes commandités par son partenaire Moco (Peter Marquardt), voulaient l'abattre pour empocher tous les gains de l'organisation criminelle. Azul va vouloir se venger de celui qui l'a trahit et part à sa recherche.
Les trajectoires des deux hommes, El Mariachi et Azul, vont alors se croiser puisque tous les deux ne quittent jamais leur étui de guitare, sauf que celle d'Azul contient des mitraillettes. Vous devinez la suite, les hommes de main de Moco vont confondre les deux hommes et vont vouloir abattre El Mariachi. Ce dernier va alors se réfugier dans un bar tenu par Domino (Consuelo Gomez), une jeune et fort jolie mexicaine dont le rôle ici n'est pas sans rappeler celui tenu par Salma Hayek (Carolina) dans les deux suites. Une romance va alors se mettre en place entre El Mariachi et Domino, dont l'issue (on le devine) pourrait être tragique.
Le film dure un peu moins d'une heure trente et petit budget oblige, ça va à l'essentiel. Alors certes, il y a des tonnes de faux raccords, des problèmes dans le montage et dans les cadrages (certains plans sont curieusement cadrés), mais ça respire la sincérité. C'est ce qu'on pourrait appeler une bonne série B, avec toutes les qualités et tous les défauts des films du genre. Le scénario du film est ultra basique et n'espérez aucune surprise. Quant aux acteurs, il faut avouer que ça ne sonne pas toujours très juste. Notre gentil héros est très gentil et les méchants sont très méchants. Il n'y a que Consuelo Gomez qui arrive à tirer son épingle du jeu. Elle est très convaincante en tant que principal, voire même seul, atout charme du film.
Dans El Mariachi, il y a de l'humour, de l'émotion et surtout beaucoup d'action. La mise en scène de Robert Rodriguez est très efficace pour masquer la faiblesse des moyens utilisés. Pour un si petit budget, on arrive à un résultat fort honorable. C'est tout de même le film qui lancera la carrière de Robert Rodriguez et on sent déjà, dés son premier film, son style (aimé par certains, détesté par d'autres). N'espérez pas voir un grand film, mais c'est toujours fascinant de découvrir les premiers films des réalisateurs qui, depuis, ont fait leur nid.