Après "Tonnerre de feu" et "Wargame" de John Badham et quelques mois avant "Terminator" de James Cameron, c'est au tour de Steve Barron (futur réalisateur des Tortues Ninjas), de nous mettre en garde contre l'Intelligence Artificielle. En cet été 1984 (date de sortie du film aux USA), pas d'hélicoptère ultra-armé dans le ciel, ni de guerre thermonucléaire globale à l’horizon, ni d'assassin cybernétique dans les parages pour nous narrer le futur dystopique de dépendance numérique qu’allait devenir le nôtre. Sous couvert d'une romance faite de deux humains et d'un ordinateur, "Electric Dreams" pouvait se lire comme un conte de fées high-tech (on y cite souvent "Cendrillon" ou "La Belle au bois dormant"), avec en filigrane, les débuts de l'ère numérique dans une société qui va déjà trop vite. L'empreinte de Philip K Dick n’est jamais loin lorsque Edgar rêve de moutons électriques… Pour l’heure, une idylle vient de naître entre une violoncelliste romantique du philharmonique de San Francisco et un architecte idéaliste et maladroit. Madeline (Virginia Madsen) et Miles (Lenny Von Dohlen) partagent le même immeuble. Elle est une virtuose de la musique classique, lui est un visionnaire cachant un secret en la personne d'Edgar, un ordinateur domestique. Miles et Madeline tombent amoureux, mais Edgar ne l’entend pas de cette oreille ou plutôt de cette carte son ! En effet, le locataire mystérieux de Miles est lui aussi sous le charme de la musicienne. Un drôle et atypique triangle amoureux se forme alors accompagné pour se faire, par une bande originale divinement pop concoctée par le grand Giorgio Moroder à qui l’on doit les B.O. de “Midnight Express” et “Flashdance” notamment. Ancré dans son époque et réalisé par un transfuge du clip vidéo abreuvant MTV, comme beaucoup de longs-métrages lors des eighties, “Electric Dreams” intitulé chez nous “La Belle et l’ordinateur” (titre nullissime), voit l’homme et la machine se battre pour le cœur de la belle Madeline, mais les sentiments ne sont pas et ne seront jamais une suite de un et de zéro.