Elena s'est remarié avec un type très riche, mais un vrai connard, qui la rabaisse constamment et la considère comme une boniche. Quand elle apprend qu'il a décidé de rédiger un testament d'où elle est absente, aux profits de la fille de son mari, elle décide de le tuer, espérant faire bénéficier sa famille à elle, totalement dans le besoin, de l'héritage. Je revois avec un plaisir immense et totalement à la hausse le 3ème film d'Andrei Zviaguintsev lors de cette rétrospective improvisée, alors que celui-ci m'avait un peu déçu à sa sortie, sans doute parce que je n'avais pas encore anticipé le virage politique de son oeuvre, déçu qu'il s'éloigne d'une esthétique qui me fascinait littéralement - et même si ce film est encore magnifique plastiquement, c'est indéniable, c'est un film politique et non esthétique. Et c'est aussi un extraordinaire portrait de femme, d'une grande force et d'une grande originalité. C'est encore une fois un film anti-Poutine, le mari se prénomme d'ailleurs Vladimir et il se présente vraiment comme l'archange noir du pouvoir dictatorial écrasant tout ce qui pourrait être contraire à ses décisions unilatérales. Immense film, encore un dans cette filmo parfaite, qui annonce parfaitement les oeuvres à venir, je vois vraiment Elena comme un virage.