"Choisir, c'est se priver du reste." (André Gide)
Dans la vie nos choix conditionnent tout.
Ce soir j'ai failli manger une ouiche lorraine, et finalement j'ai opté pour la pizza.
Comme dirait @Hypérion, ce fut une bonne pizza surgelée.
Le fromage était juste bien fondu, un petit peu doré sur le dessus.
La pâte était croustillante à l'extérieur mais encore moelleuse à l'intérieur.
Mon choix de prendre une pizza était bon, mon choix de prendre CETTE pizza était bon, et le choix du temps de cuisson (car je suis rarement les indications de l'emballage) était, lui aussi, bon.
La seule erreur que j'ai commise en définitive, c'est de passer 15 minutes à regarder le début d'Elephant, plutôt que laisser le film tourner et regarder cuire ma pizza.
Le processus doit être fascinant à observer, pour arriver à un résultat aussi satisfaisant.
Bon enfin, assez blagué.
Elephant est une baudruche.
Une jolie baudruche, mais une baudruche quand même.
Il a de jolies couleurs, une jolie forme, mais à l'intérieur c'est quand même bien vide.
Il y a de bonnes idées de réalisation, notamment ce concept de caméra en mouvement perpétuel, derrière les protagonistes comme pour symboliser une fuite en avant continue, où chacun court vers une issue inéluctable.
D'ailleurs à chaque fois qu'on suit un personnage, celui-ci se retrouve temporairement isolé.
De longs couloirs et des salles, vides eux aussi, à l'instar de ces adolescents qui traversent finalement leur scolarité bien seuls.
Une certaine angoisse latente qui aurait pu tranquillement s'installer et mener à la dramatique conclusion de la fusillade.
Malheureusement, le procédé est exploité à outrance, et finit par faire long feu. Une bonne idée ne le reste que quand on sait où s'arrêter.
Ajoutons à cela quelques sympathiques morceaux de classique, et on aura quasiment fait le tour des atouts du film.
Pour le reste, je ne m'attarderai pas.
Il ne se passe rien.
Ce n'est pas contemplatif, c'est mou.
Pourtant je n'ai rien contre Van Sant. Je n'ai même rien en particulier contre les films posés, j'ai par exemple adoré son Meeting Forrester, à qui beaucoup ont reproché ce côté pépère et manquant de matière.
Mais là, en fait de "journée ordinaire d'un lycée américain", il nous livre une fresque sans âme et sans but, enrobée d'un joli emballage.
Tellement dommage.
Enfin il paraît que ça mérite une palme d'or...
PS : qu'est-ce que Brice de Nice foutait là ?