Ces jeunes seuls, perdus dans l'infinité d'un bâtiment sans âme.
On est juste spectateur, un regard qui glisse sur une parcelle de vie, sur cette adolescence superficielle et complexe.
On parcourt les couloirs, pas à pas, son par son. Un rire, le bruit d'un ballon….
Un rythme s'impose.
C'est comme lorsque on écoute un morceau au piano. Comme dans cette scène ou l'un des deux tueurs joue.
La caméra filme son dos, tout est très lent et rien ne bouge….. alors on prend le temps d'écouter, et ça nous prend, c'est très doux d'abord, comme un ciel sans nuage, puis soudain cela devient fichtrement angoissant. Un halètement, les pas s'accélèrent, on retient son souffle tétanisé, c'est maintenant c'est sûr ...
On ne pourra porter de jugement, après tout on ne voit que la nuque du musicien, on se contentera de contempler. Contempler dans le ciel devenu orageux la souffrance et l'incrédulité qu'engendre une telle violence.
Là c'est fini, on entend de nouveau la musique pure et presque moqueuse… Rideau.