Avec un regard détaché presque enfantin, le réal nous plonge dans l’univers des Fusillades de lycée s’inspirant de Columbine. La caméra suit en plan séquence plusieurs lycéens dont les vies s’entrecroisent dans les longs couloirs de l’école. Dans la routine scolaire l’image ne fait pas de distinction entre les victimes et les deux futurs criminels, bien que leurs motivation et raisons discutables soient suggérées. La film évoque ainsi les jeux vidéo, le nazisme et l’homosexualité comme potentielles causes, analyse sans doute un peu légère et imaginaire.
Dans une mise en scène cyclique où les étudiants comme les temporalités se croisent et se recoupent pour terminer froidement sur la fusillade. Un mélange des temporalités qui peut être parfois confondant.
On peut regretter un jeu d’acteur qui ne soit pas au niveau surtout pendant la fusillade, ce qui s’explique par le choix du réal de ne prendre que des jeunes gens.
Si le titre du film suggère que les problèmes de l’école sont niés et mis de côté, l’approche scénaristique tant plus à nous montrer que les individus sont noyés dans la masse et l’immensité du lycée, dans cette industrie l’individu n’a que peu de place. Le film ne cherche ainsi pas de responsable si ce n’est le système scolaire en lui-même.
L’éléphant serait ainsi incarné par le bâtiment labyrinthique du lycée et les élèves, des enfants, seraient les porcelaines que brisent les pattes maladroites de l’animal.
Enfin certains personnages sont mal écrits ou brouillons comme l’élève présenté vers la fin qui se dirige tout seul vers les terroristes.