Elephant de Gus Van Sant reconstitue les heures précédant la tuerie de Columbine à travers une approche fragmentée, brute et profondément immersive.
J’ai été particulièrement impressionné par la manière dont Gus Van Sant utilise les différents points de vue pour raconter plusieurs fois les mêmes événements, élément narratif que l'on retrouvera plus tard dans Last Days. Ces répétitions ne sont jamais gratuites : elles permettent de recomposer progressivement cette journée et d’en révéler les connexions, tout en renforçant constamment la tension. Sa mise en scène très dépouillée, presque documentaire, refuse de sur-expliquer les personnages ou les causes du drame, ce qui rend l’ensemble d’autant plus glaçant. À mesure que les trajectoires se croisent, le film installe une inquiétude sourde qui devient presque insupportable lorsque l’issue se rapproche.