"Emma" est un roman très dense dont l'intrigue et la psychologie des personnages ont du mal à tenir en deux heures de pellicule. D'ailleurs, mon adaptation préférée est la mini-série de 2009 qui prend le temps de tout détailler et de laisser le spectateur s'attacher aux personnages. Je me demande ce qu'un spectateur ne connaissant pas le roman aura compris de l'intrigue dont beaucoup d'éléments sont passés sous ellipse : j'aurais bien aimé ainsi qu'on accorde un peu plus d'attention à Jane Fairfax et à Frank Churchill, parce que sans le coup de coeur d'Emma pour ce dernier, ça manque un peu d'enjeu. Les Miss et Mrs Bates sont un peu effacées, de même que Knightley. Finalement, cet "Emma"-là est plus une histoire d'amitié que d'amour, parce que Georges Knightley est un peu falôt (Jonny Lee Miller reste de loin mon préféré). A ce titre, le changement de fin dans lequel Emma va s'excuser auprès de la pauvre Harriet est intéressant (le saignement de nez, jolie trouvaille :D).
Malgré cela, j'ai beaucoup aimé cette adaptation. Pour une fois, "Emma" est dépeinte comme Jane Austen l'avait souhaitée : c'est une peste pourrie-gâtée qui s'amende à la fin et corrige son caractère ! Bill Nighy est super ! (Bon là encore, mon papa Woodhouse préféré reste Michael Gambon, il y a une grande tendresse dans ses rapports avec sa fille). L'image, les décors, la lumière et les costumes sont fabuleux. En fait, ayant vu toutes les adaptations et connaissant le bouquin par coeur, je crois que mon cerveau a rempli les trous.
En résumé, "Emma" version 2020 ressemble à une boîte de macarons L.
C'est magnifique mais légèrement insipide !