En 1985 nous sommes toujours en pleine guerre froide, ce qui laisse champ libre aux hippies de tous bords pour leur message de paix et d'acceptation de la différence. Et ce bien qu'aucun n'ait eu le quotient intellectuel suffisant pour plonger les yeux dans l'œuvre de Levinas, sinon par pédanterie et parce-que ça s'accorde bien aux petites lunettes à la John Lennon.
Mais au niveau culturel et cinématographique la fin des années 80 au delà de la persistance entropique des tropes 60's, 70's c'est aussi l'avènement du cinema fantastique/sf complètement débridé à "la retour vers le futur."
Enemy Mine, est le mélange de ces deux aspects. Quelqu'un qui, Comme moi, voudrait se la péter grave oserait même avancer que nous sommes face à un symptôme patent d'une épisteme particulière.
Le pitch du film est simple, voir simpliste: Dans un futur lointain à l'époque mais qui est un peu daté depuis, la race humaine est en guerre contre les dracs, une race reptilo-extraterrestre hermaphrodite. Par malheur un drac et un humain lors d'une bataille spatiale digne de star wars s'échoue tous deux sur une planète inhospitalière et doivent s'associer pour survivre.
On voit très bien vers où tout cela nous mène.
Le jeu d'acteur de Dennis Quaid se laisse regarder avec plaisir (ce qui est un exploit pour le bonhomme) et celui du du Drac, maquillé avec brio, est tout simplement impressionant.
Malgré l'aspect cliché du scenario: on ne s'ennuie pas, c'est un peu la marque de W.Peterson aussi, sur le papier L'histoire sans fin est lui aussi un film chiant comme les endives, mais au final on le regarde pop-corn/coca à la bouche sans déplaisir aucun malgré la datation au carbone 14 des effets spéciaux.
On note justement le même travail remarquable dans les effets spéciaux que pour l'histoire sans fin, vous savez donc à quoi vous attendre.
On notera cependant que le film tombe, comme on s'en doute, dans certaine facilité: si les deux protagoniste, ne partageant pas le même langage au début du film, se retrouve à devoir élaborer une communication non langagière, notre cher ami reptilien se retrouve vite à parler l'américain couramment, parceque quand même c'est bien pratique. Alors forcément: l'autre en tant qu'autre de l'heideggerien qu'on a cité plus haut, est d'un coup beaucoup moins autre lorsqu'il se met à parler le langage de mickey mouse. ET C'EST REGRETTABLE.
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