"Je suis fait de toute la musique que j'ai étudié."
La vie et la passion de "Il Maestro" décortiquées devant la caméra de Giuseppe Tornatore («Cinema Paradiso»).
Récit hagiographique traversé par de nombreuses interventions de réalisateurs, compositeurs et amis faisant leurs (habituelles, mais justifiées) éloges à Ennio Morricone, c'est quand ce dernier nous parle de son travail et de son rapport à la musique que le documentaire qui lui est dédié devient le plus passionnant à suivre.
L'histoire d'un homme acharné et surdoué, d'un compositeur qui a su imposer un nouveau langage musical au 7e Art.
L'histoire d'un musicien en avance sur son temps, en rupture avec ce qui le précédait, nourrissant notamment ses compositions filmiques de musique classique, ce qui ne fut pas vu d'un bon œil par ses pairs durant de longues années (faire de la musique de films était alors considéré comme anti artistique par l'ancienne génération).
L'histoire d'un artiste qui ne se reposait jamais sur ses lauriers, qui cherchait sans cesse à se renouveler, à expérimenter de nouvelles façons d'appréhender la musique à travers un nouveau récit et comment lui donner corps. Chaque film était une nouvelle occasion de se remettre au défi, et de créer la musique la plus juste, la plus fidèle possible, et cela afin que le son et la musique ne fassent plus qu'un à l'écran.
Et quand il essayait de s'éloigner du cinéma, le cinéma finissait toujours par le rattraper d'une manière ou d'une autre.
Entre rencontres déterminantes (dont un certain Sergio Leone) et occasions manquées (dont un certain «Orange Mécanique»), le récit d'un chef d'orchestre pour qui la musique coulait dans ses veines, même s'il ne se prédestinait pas à ça au départ.
Présentée à la dernière Mostra de Venise, une plongée dans la vie de l'un des plus grands compositeurs de tous les temps, mondialement connu et reconnu, dont la discographie était reconnaissable dès la première note et dont la musique a su transcender l'écran de cinéma à chaque fois. Une musique qui a accompli l'exploit de dépasser le cadre du 7e Art, devenant intemporelle, universelle et absolue. Il y eu clairement un avant et un après Ennio Morricone.
"La musique ne se décrit pas, elle s'écoute." disait très justement Morricone.
Et pourtant, quoi de plus exaltant qu'écouter un passionné parler de sa passion ?