Auréolé du Prix du Jury à Cannes, EO ne fait absolument rien comme les autres. Entre sa mise en scène unique, enivrante et emplie de poésie, mais qui fait parfois un peu trop appel aux effets stroboscopiques, et son histoire atypique racontant l’errance et la quête d’un âne partant à la recherche de sa dresseuse, après avoir été tragiquement séparée de cette dernière et avec qui il avait tissé un lien unique et sentimental très fort, EO est un film que l’on pourrait qualifier d’expérimental à bien des égards.


Alors, oui, le terme « expérimental » est *légèrement* galvaudé aujourd’hui, surtout dans les domaines du cinéma et de la musique, mais EO ne répond en rien aux attentes d’un film tel qu’on pourrait le concevoir en 2022, sa narration est éclatée, et le film adopte très souvent le point de vue de l’âne pour nous transmettre ses émotions ; Sa tristesse, sa peur, sa crainte, ses doutes… En soi, la vie de cet âne n’a pourtant rien d’évident mais Skolimowski réussi à rendre cet animal sensible même si ce dernier n’est pas doué de parole. Et ça, c’est un véritable tour de force.


Sans chercher à vous divulguer la fin, le film s’avère être une réflexion sur la violence dans sa multiplicité. Violences entre humains, violences entre animaux, violences entre humains et animaux. Mais aussi plein d’autres sortes de violences, l’exploitation, la séparation, le meurtre, l’intimidation….


La conclusion du film m’a quand même beaucoup choquée alors qu’elle ne fait que nous montrer une scène de violence extrêmement banale et on peut aussi étendre la réflexion en nous disant que la plupart des scènes de violences montrées dans ce film, surtout envers les animaux, sont en fin de compte assez banales et ordinaires, pour nous, humains.

Il est difficile de recommander un film pareil tant il parlera essentiellement à un public de niche en raison de son atypicité mais rien que pour sa réalisation, complètement incroyable et « libre » de tous carcans et canons de beauté actuels et de son message fort, je vous enjoins quand même à être curieux et à aller le voir.

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le 15 sept. 2022

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