Arrêtez de chercher de la tension dans le cinéma hexagonal subventionné, elle s'est réfugiée dans le no man's land coréen. Avec ESCAPE (2024), Lee Jong-pil nous balance une traque frontalière qui fait passer les thrillers habituels pour des balades de santé. En effet, la mise en scène refuse tout gras inutile pour se concentrer sur la cinétique pure, magnifiée par la photographie nerveuse de Kim Sung-an.
Lee Je-hoon livre une performance habitée, transformant chaque foulée en un acte de résistance viscéral. Par ailleurs, ESCAPE (2024) réussit l'exploit de ne pas sombrer dans le mélo patriotique larmoyant. Pourtant, un détail crucial sur le passé commun entre le déserteur et son poursuivant reste dans l'ombre, et l'analyse de certaines séquences de nuit révèle un travail sur le cadre bien plus complexe qu'il n'y paraît. Pour comprendre pourquoi ce film marque un tournant dans le genre, il faut creuser sous la surface des marécages.
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