Téléfilm de Jean-Pierre Verhaeghe réalisé en 1994 basé sur le roman de Balzac.
L'univers moite de la haute société de Saumur avec ses cancans, ses persifflages, ses jalousies est bien restitué dans ce film où Jean Carmet campe un très crédible Félix Grandet. On y retrouve le complexe de la petite ville de province face la capitale. Quand quelqu'un de la capitale défaille (le frère de Grandet), tout le monde (à Saumur) s'apitoie et ricane en douce.
Et puis à l'inverse, on goûte la tête déconfite du cousin d'Eugénie, revenu des Indes fortune faite, en train de contracter un mariage d'argent à Paris, lorsqu'il apprend que la fortune qu'il va embrasser n'est que le vingtième et peut-être moins de la fortune d'Eugénie.
La passion de Grandet pour l'or : sur son lit de mort, la main de Grandet retrouve un semblant de vie pour aller caresser la croix en or du prêtre en train de lui administrer l'extrême onction … il faut que je vérifie comment c'est traduit du roman… En tous cas, l'image est délectable…
Carmet excellent en avare suspicieux ronchon et autocrate
Alexandra London, qu'on avait pu apprécier dans le Van Gogh de Pialat, interprète très bien l'Eugénie de Balzac, fille éteinte et soumise lors de son vingt-troisième anniversaire destinée à une vie sans attrait avec des fils de la bourgeoisie saumuroise, qui s'allume soudain et s'embrase à la vue du fringant cousin Charles puis confiante en un avenir certain et heureux avant de se résigner définitivement. Autre caractère bien rendu : le mépris muet d'Eugénie vis-à-vis de son père et de l'or.