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En 2013, Fede Alvarez (“Don’t Breathe”), le prodige uruguayen découvert par Sam Raimi - donnait au genre plus que formaté du film d’horreur US - une pure leçon de cinéma en s'attaquant au reboot d’ “Evil Dead” du même Sam Raimi. Certains pourraient dire qu’il ne faut pas mordre la main qui vous nourrit, mais Fede Alvarez - loin de singer bêtement le 1er succès du réalisateur de la trilogie “Spiderman” - lui rend un hommage aussi respectueux que sanguinolant en s’appropriant le décorum de l’oeuvre originelle.
En effet, l’iconique cabane dans les bois sera le centre infernal d’un récit qui se veut dans la continuité de la saga matricielle. Le résultat est sans appel, “Evil Dead” (2013), de par la folle prestation de son actrice principale, couplée à des fulgurances gorissimes hallucinantes (le climax est à ce titre ahurissant), restera un cauchemar sur pellicule comme trop peu de long-métrages du XXIe siècle nous ont été donnés de voir.
Il était donc légitime d’attendre beaucoup de “Evil Dead Rise”, un nouvel opus réalisé par Lee Cronin (“L’anthologie “Minutes Past Midnight”), sous l’égide des studios Ghost House Pictures, d’autant que celui-ci était précédé de la mention : Le film le plus gore de la saga ! Alors effectivement, l’hémoglobine est au rendez-vous, mais les saillies gores sont bien trop sages et formatées pour susciter un quelconque effroi - pire, le final grand guignolesque est tellement prévisible qu’il en est risible, sans parler des libertés prises par les concepteurs des effets spéciaux (la créature façon Cerbère est embarrassante).
Et tout ceci n’est que la partie immergée de l'iceberg moisi qui s’offre à nous, à commencer par le casting. De la mère célibataire tatouée (Alyssa Sutherland), à la frangine rockeuse (Lili Sullivan), en passant par le cliché (qui nous pête les noix depuis pas mal de temps), des deux ados non-genrés, ils sont tous mauvais. On évite le père qui bien évidemment s’est certainement barré avec une jeunette ! Il reste la petite Kassie (Nell Fisher) pour laquelle on a un peu d’empathie. “Quid de l’histoire ?” Me direz-vous ! Et vous avez raison.
J’y viens. Patience !
Après un prologue façon “Crystal Lake”, avec un neuneu jouant les pilotes de drône et le scalpe d’une midinette à la mode cheyenne, le récit champêtre se recentre en récit urbain, plus particulièrement dans les méandres d’un immeuble miteux qui va être démoli. Et oui, la gentrification c’est too much (voire le dernier “Candyman”). “Quid du livre des morts ?” Me demandez-vous ! Et vous avez raison.
J’y viens. Patience !
On pensait que le livre des morts, ou “Necronomicon” pour les initiés - suivez un petit peu - avait disparu de la surface du globe. Eh bien que nenni ! Je vous le donne en mille, le livre est au sous-sol de l’immeuble, qui jadis, abritait une banque. Ledit bouquin en peau de f…. accompagné de ses vinyles incantatoires est déterré lors d’une secousse sismique, le seul moment où le spectateur est secoué lui aussi.
A partir de là, c’est un festival d’incantations, de démons et d’exactions qui fera peut-être frémir les néo-spectateurs biberonnés aux grosses relectures horrifiques daubées à la sauce “Wokywoodiennes” !
Créée
le 16 mai 2023
Critique lue 87 fois
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