Surtout connu en France pour son excellent Breaking News, et pour avoir fait tourné notre Johnny, Johnnie To fait partie des maîtres actuels du cinéma d'action à la Hong-Kongaise, du genre bien stylé et bien rythmé.
Exiled – il s'agit du titre international – narre la rencontre entre plusieurs truands de Macao, une ancienne concession portugaise rétrocédée à la Chine en 1999. Dès le début, j'ai retrouvé le petit côté décalé de Breaking News, avec des flingueurs qui se tapent tranquillement la discussion comme si de rien était, alors qu'ils se tiraient dessus il n'y a pas 30 secondes. Oui, Johnnie To, ce n'est pas que des gunfights superbement chorégraphiés – car ils sont superbement chorégraphiés, à n'en pas douter – mais aussi des moments d'intimité, c'est du moins ce qui m'avait déjà marqué dans le précédent film du réalisateur qu'il m'avait été donné de voir.
Finalement, Exiled s'articule de la manière suivante : les aventures de 5 gangsters face à Boss Fai, entrecoupées de scènes d'action grandioses. Malheureusement, ce sont plus ces fameuses scènes d'action, ainsi que le groupe de personnages principaux, qui m'auront intéressé dans ce film, tandis que ce qui tourne autour aurait plus eu tendance à m'ennuyer, ce que j'ai trouvé terriblement dommage. Cela ne m'a pas empêché d'aller jusqu'au bout, mais cela a parfois été difficile.
Ce que je retiendrai surtout de Exiled – outre son action débridée – c'est la ville de Macao, dont j'avais peu entendu parler et qui s'avère surprenante dans son architecture. A l'inverse de Hong-Kong, pourtant autre concession européenne, Macao possède une architecture typique du vieux continent, qui au début m'a fait douté de son appartenance à la Chine populaire. J'ignorais même qu'il y eut d'autres villes dans le cas de Hong-Kong. Mais bon, je trouve un peu triste d'avoir surtout remarqué ces points de détails dans un film de 110 minutes...