Après le succès de Notre homme Flint, la Fox met en chantier une suite, Daniel Mann cède sa place à Gordon Douglas, vieux routier d'Hollywood rompu à tous les genres du cinéma de distraction, mais la musique séduisante de Jerry Goldsmith est toujours là, avec un nouveau thème et en réutilisant celui du premier film. La parodie bondienne est toujours présente avec son mélange d'action et d'extravagances, son charme sixties caractéristique et sa drôlerie irrésistible constituée de références subtiles. On devine où Mike Myers a puisé son inspiration pour Austin Powers et ses suites.
Le résultat est cependant moins probant je trouve dans cet opus qui se situe un peu en-dessous de Notre homme Flint, la faute à un scénario plus faible ou mal exploité ? Ou tout simplement le personnage de Derek Flint a-t-il été assez défini dans ce premier film ? Peut-être un peu des deux, ça manque de vraie folie, même si produire un sosie du président des Etats-Unis est une idée intéressante ; ça donne en tout cas une réplique savoureuse de Flint lorsqu'il apprend que le président a été remplacé par un acteur : Un acteur président !, c'est irrésistiblement prémonitoire lorsqu'on sait que Ronald Reagan sera président 14 ans plus tard.
Le film affiche une touche plus féministe, en phase avec son époque de réalisation, encore que l'image d'un super espion polygame peut faire jaser, surtout de nos jours ; mais surtout ce trio de rombières qui veut asservir le monde par le biais de leurs salons de coiffure pratiquant des lavages de cerveaux, c'est assez visionnaire, le MLF se mettant en mouvement à la même époque. Sauf que tout ceci manque un peu de piquant, mais attention, il y a de bonnes scènes (comme la bagarre dans le gymnase), quelques péripéties amusantes et de jolies filles, c'est un divertissement très sympathique, sauvé par James Coburn qui rempile en promenant sa silhouette élégante et son sourire ravageur, ainsi que par Lee J. Cobb toujours excellent.