Pendant 1h30, dans un contraste de blanc et de noir, on nous fera l'anthologie des névroses et personnes psychologiquement instables. Je dois dire que je n'était pas rassuré d'ailleurs quand le panneau "ce film est une histoire réelle" est apparu.
Jerry, un homme stressé de toutes parts et ayant des problèmes d'argents, décide d'engager deux personnes pour kidnapper sa femme, afin que le père de cette dernière, éxtremement riche, livre une rançon que Jerry empochera. Déjà rien ne va dans les premières minutes de ce films, et tout du long d'ailleurs : les personnages tiennent des propos sans aucuns sens, dénués de bon sens, les dialogues sont horriblement lunaires, n'aboutissant la majeure partie du temps sur rien.
Personnellement j'eus du mal à tenir sur la longueur, le rythme tout aussi vaseux, reveur, nous hypnotise à moitié, ainsi nous suivons l'histoire sans trop réfléchir, les dialogues étant alors aussi mous que notre cerveau.
Parfois, dans un relent d'énergie, nous réalisons l'absurde de la situation et, nous demandant ce qui nous arrive, ne trouvons rien d'autres mieux à faire que rire. Puis on se souvient que c'est une histoire vraie et on s'arrete.
Les plans accompagnent tout aussi bien l'ambiance du film : lents, sans trop de mouvements brusques type caméra à l'épaule, pour toujours apporter de la douceur meme quand
on voit un homme découper son compagnon dans une découpeuse à bois, on constate, avec calme ou sans trop de tension pour réagir.
Donc quand j'ai vu ce film, j'avais plus l'impression de vivre une sorte de reve éveillé, où je comprenais à-peu-près ce qu'il se passait. Et je n'ai meme pas eu droit à une fin, celle-ci se terminant sur une discussion sur les timbres. Pas de procès, pas d'aboutissement, rien.
Néanmoins c'est un assez bon film, qui cultive des personnages complexes (l'avantage du report de la réalité), desquelles on a plus ou moins peur vu leur folie à tous -à différents stades, mais celle-ci est omniprésente- La montée en tension est plutot bien rythmée et l'image est très réussie. Mais ça sera une oeuvre qui prendra peu de place dans ma tete, et qui s'en effacera probablement.