Je suis officiellement un vieux con. Je crois qu’il faut se rendre à l’évidence, ne pas se mentir et l’assumer. Fast Charlie est typiquement le genre de séries B qu’on fait dans les années 2020. Plans à foison en drone, images lissées, écrans verts à volonté (notamment dans les véhicules), tout sent le renfermé et la naphtaline. Produits vite emballés sans recherche esthétique si ce ne sont de belles images paysagères, les séries B sont devenues des objets désincarnés, sans aucune âme. Le bon vieux bricolage à l’ancienne a disparu, de la même façon qu’une certaine générosité dans des cascades artisanales ou de chouettes poursuites bien tournées grâce à des astuces économiques. Non, définitivement, je suis fâché avec le cinéma d’aujourd’hui, ses Marvels, ses écrans verts, ses séquences dignes de jeu vidéo, tant rien ne semble motivé par l’envie de faire du cinéma et de s’amuser.
Au bout d’un quart d’heure, j’ai d’ailleurs failli arrêter le film tant tout semblait sonner faux. Puis je me suis laissé prendre par le récit. Rien de bien original (on est dans une série B proche du Direct-to-video) mais un divertissement plutôt bien conduit avec un casting franchement sympa. Même s’il ne cesse de grimacer, comme toujours lorsqu’il joue les durs dans les films d’action, Pierce Brosnan est un acteur pour qui j’ai beaucoup d’affection. Morena Baccarin trimballe sa jolie frimousse avec une certaine aisance. En revanche, il est difficile de voir James Caan dans son dernier rôle, clairement très affaibli et ne semblant plus savoir ce qu’il fait. Le rythme est, en revanche, très efficace. En moins d’1h20 (génériques interminables exclus), le film enchaîne les péripéties et les séquences d’action pour offrir un divertissement qui ne s’embarrasse pas de superflu.
Très objectivement, le résultat manque cruellement de personnalité, et on peine à admettre que Phillip Noyce est derrière la caméra (bien que sa filmographie reste, malgré tout, très en dents de scie). Tout se déroule sans surprise, sans réelle tension et la résolution laisse l’impression d’une production où tout est globalement expédié. Cela se regarde, ce n’est jamais du grand n’importe quoi mais c’est terriblement impersonnel et anecdotique.