Apparemment, la ligne scénaristique de Tokyo Drift n'a pas dû rapporter assez de pognon, elle est alors aussitôt enterrée. Fini les shows et la moiteur des courses, place à l'action démesurée et paramilitaire... Certains se réjouiront d'un tel virage narratif, personnellement ça m'emmerde.
Pourquoi ? Parce qu'ainsi, la dernière once d'originalité de la saga est bouffée par de (mauvaises) histoires de braquages complètement lambda. Non pas que je sois un grand fan de tuning (même si j'ai passé une partie de mon adolescence sur les NFS Underground), mais si on fait un tour d'horizon, les films axés sur les courses de voiture doivent se compter sur les doigts de la main... Alors que les films de casse sont légion ! Et puis ça aurait été beaucoup plus passionnant de suivre l'ascension d'une équipe dans le monde du street racing que de suivre leurs braquos à la con.
Bref, pour en venir au film, c'est celui du changement radical de ton. L'image perd ses couleurs, Vin le Gland et Brian le Cake sont de retour (à croire que les fans regardent les films pour ces deux huîtres anti-charismatiques), les bagnoles deviennent davantage secondaires. Sauf que plus de la moitié du film est une bouillie narrative et visuelle sans saveur, illisible et pénible à souhait. De loin l'épisode le plus anecdotique et dispensable de la série, Fast & Furious peine à convaincre et surtout à captiver, manquant cruellement d'identité.
Le film essaye de rallumer la rivalité et le style du premier opus, mais rien ne fonctionne, et la mentalité abrutie des protagonistes commence à taper sur les nerfs. Argent, adrénaline, bagnoles et bonnes meufs, voilà leurs seules motivations. C'est à la fois navrant et dénué d'intérêt, surtout que les armes à feu commencent à prendre une place très importante au lieu des voitures, dommage !
Le mérite du film est de garder la stupidité ambiante typique de la saga... Sauf que là ils se prennent au sérieux ! Aïe !
Le seul point positif est le retour de Jordana Brewster aka Mia, avec qui je vais me marier et avoir 24 enfants. Sinon on s'en fout.